Nomadis https://nomadis.ch Tue, 29 Jul 2025 13:11:14 +0000 fr-FR hourly 1 Masafer Yatta https://nomadis.ch/2025/07/23/masafer-yatta/ Wed, 23 Jul 2025 13:01:55 +0000 https://nomadis.ch/?p=622 Susya, Tuwani, Tuba, al-Markez, Umm al-Khair…Villages et hameaux habités par une population bédouine, des agriculteurs et des bergers pour grand nombre d’entre eux. Collines arides, terres rocailleuses au sud d’Hébron, situées en zone C, division administrative de la Cisjordanie occupée placée sous contrôle d’Israël. Parmi ces terres, la région de Masafer Yatta, composé de 19 villages et hameaux traditionnels, qui cristallise de manière acerbe toutes les problématiques, les violences et violations que subit la population palestinienne des Territoires Occupés.

En 2002, au cœur de la deuxième intifada, alors que je travaillais dans la région, la situation était déjà préoccupante, révoltante : développement des colonies sauvages, illégales, et des avant-postes; violences commises en toute impunité par les colons extrémistes, issus de la mouvance kahaniste [1]Le kahanisme est une doctrine fasciste issue du sionisme religieux et du néosionisme, développée par le rabbin Meir Kahane, fondateur de la Jewish Defense League et du parti politique Kach et … Continue reading et du groupe des «Jeunes des collines» [2]« Jeunes des collines » est un mouvement de jeunes colons israéliens radicaux s’établissant illégalement dans des territoires palestiniens de la Cisjordanie. La plupart des membres du … Continue reading, deux branches de l’extrême droite ; destructions de maisons et de terres ; expropriations. Depuis le 7 octobre 2023, elle s’est encore drastiquement détériorée : accélération des ordres de démolitions, expulsions de force des habitants, nettoyage ethnique.

Routes désertiques et cahoteuses maintes et maintes fois parcourues. Halte devant des maisons dévastées, des tentes ravagées, des sources d’approvisionnement en eau détruites, ou détournées. Recueil de témoignages, accueillie à l’ombre sous les toiles, après le rituel du thé si sucré qui brûle les lèvres, du fromage séché si âpre en bouche qu’il me donnait parfois la nausée. Nausée sans comparaison aucune cependant avec celles, violentes, qui surgissaient au fil des récits, entrecoupés, à plusieurs voix, toutes concordantes. Documenter, encore et encore, les multiples violations du droit international humanitaire, comme l’avaient fait avant moi d’autres délégué-e-s, et comme le feront celles et ceux qui me remplaceront. Jusqu’à ce qu’il n’y ait plus ni récits, ni traces, ni habitants…? Documenter, écrire rapports sur rapports, les transmettre à l’armée israéliennes, à l’administration civile, lors de séances stériles. Écouter, saisir parfois une main, détourner pudiquement le regard lorsque surgissaient des larmes, partager la colère, qui est devenue si intensément mienne. Accompagner les équipes qui venaient construire des puits, dont la longévité était poussière, étant donné la violence environnante, l’enjeu que représente le contrôle de l’eau. Tenter de garder la distance, de préserver la neutralité, de jouer les équilibristes. Sans y croire, sans y arriver, sans même plus tenter d’essayer.

J’ai aimé ces terres brûlées par le soleil, ses habitants aux visages burinées, aux mains caleuses. Les robes ornées de broderies des femmes, couleurs et points tissant un langage complexe. Les odeurs de feu, de pain, de bétail. Le rire et les cavalcades des enfants, leur gravité parfois. Le vent chaud qui claque, danse ou caresse ; la poussière. Les étendues vastes et vallonnées, le ciel, la rare végétation, les champs d’oliviers, les troupeaux épars…. J’ai aimé les silences, les regards, la langue, les rares mots en dialecte que je comprenais et auxquels je m’accrochais, attendant que le field officer qui m’accompagnait me traduise tous les autres. J’ai aimé la lenteur, le temps suspendu, les rituels.

J’ai observé les conditions de vie rude, les habitats sommaires, sans raccordements électrique, les hameaux isolés sans accès direct aux soins, ou à une école proche, la lutte pour l’eau. Rudesse qui devenait enfer avec l’implacable progression des colonies, la mise en place d’une systématique de déplacement, d’effacement.

J’ai attendu des heures à des check-point surréalistes, certains au milieu de nulle part, d’autres scindant de manière planifiée et humiliante des villages, empêchant l’accès au bétail, aux terres et champs d’oliviers ; régulant arbitrairement l’accès à une école ; contrôlant les déplacements des ambulances du Croissant Rouge Palestinien, leur interdisant le passage. Je me suis retrouvée face à des colons armés, injures et crachats dans ma direction, sous l’œil goguenard de soldats complices. J’ai constaté, impuissante, en un peu plus d’une année, l’extension des colonies et avant-postes. Souvenirs vifs et douloureux, qui me hantent. Brûlures attisées au fil des nouvelles, des attaques, qui n’ont jamais cessé, qui se sont accélérées vertigineusement.

Visages de bédouins que je pourrais dessiner les yeux fermés, tel ce couple âgé, qui habitait à un kilomètre d’un avant-poste. [3]Ces « colonies sauvages », construites sans l’autorisation du gouvernement israélien, sont cependant protégées par l’armée israélienne, et de plus en plus régulièrement légalisées par … Continue reading La logique d’implantation est toujours la même : emplacement stratégique (sur le haut d’une colline, proche d’un point d’eau, d’habitations palestinienne) ; établissement d’une caravane, puis de deux, puis de trois ; sécurisation de la zone ; construction d’une route, reliant l’implantation à un autre avant-poste ou à une colonie déjà bien implantée, route que les palestiniens ne peuvent évidemment pas emprunter ; sectionnement du territoire ; construction en dur et raccordement électrique ; intimidations et violences exercées sur les palestiniens, visant l’appropriation et le contrôle des terres. Ce couple de berger ne pouvait plus accéder à leur champ, ni à leur bétail. Dignes, si dignes. Vieux, si vieux. Impuissants, face à l’implacable progression, comme l’était l’organisation pour laquelle je travaillais. Partir? Mais pour aller où?

Masafer Yatta, dont le quotidien d’oppression et de résistance se livre dans le bouleversant « No Other Land » de Basel Adra, Hamdan Ballal [4]Le réalisateur palestinien oscarisé a été agressé par des colons ayant l’appui apparent de militaires en mars 2025, devant sa maison. Il a été arrêté par Tsahal, puis relâché après … Continue reading, Yuval Abraham et Rachel Szo. Masafer Yatta, dont les habitants vivent dans la crainte constante de perdre leurs maisons. Ils ont fait l’objet d’innombrables ordres de démolition et déplacements, au nom d’une mesure prise par le gouvernement israélien en 1980, selon laquelle la région est « zone interdite », dédiée à l’entraînement militaire. Des documents officiels attestent cependant la raison véritable de la transformation de la région en « zone de tir » : la volonté politique d’expulser les villageois palestiniens. En mai 2022, après 22 ans d’appels palestiniens aux tribunaux, la Haute Cour de justice israélienne a statué que huit communautés pouvaient être expulsées de Masafer Yatta. En juin 2025, l’administration militaire a annulé tous les permis de construire en attente.

Les bédouins de Masafer Yatta vivent sous une double pression :  militaire et bureaucratique (démolitions massives, annulation des permis) ; brutalités et rage des colons (incendies, coups, destructions de cultures, intimidation, souvent avec le concours ou la tolérance de l’armée). Les développements récents – depuis l’attaque du 7 octobre 2023 – ont accentué cette violence, menaçant d’une expulsion de fait à travers une stratégie coordonnée combinant colonisation, force militaire et impunité. Cela s’inscrit dans ce que le rapporteur de l’ONU appelle une « campagne généralisée de déplacement forcé », appuyée par les autorités civiles et militaires israéliennes, en violation manifeste du droit international.

A l’heure où j’écris ces lignes, le hameau de Khilet al-Dabe a été totalement détruit, les violences et démolitions se poursuivent, dans toute la région, et dans tant d’autres de Cisjordanie. Dans un silence, une fois encore, assourdissant.

Quelques liens, pour aller plus loin :

Références

Références
1 Le kahanisme est une doctrine fasciste issue du sionisme religieux et du néosionisme, développée par le rabbin Meir Kahane, fondateur de la Jewish Defense League et du parti politique Kach et Kahane Chai en Israël. Il est fondé sur différents «principes» : le Grand Israël, ou Eretz Israël, soutenant une politique d’implantations juives massives en Cisjordanie ; le transfert des Arabes, y compris ceux ayant la nationalité israélienne, vers les pays arabes ou l’Occident ; un État juif fondé sur la loi religieuse, la Halakha; le recours à la violence pour assurer l’unité de la terre d’Israël.
2 « Jeunes des collines » est un mouvement de jeunes colons israéliens radicaux s’établissant illégalement dans des territoires palestiniens de la Cisjordanie. La plupart des membres du groupe ont moins de 30 ans et leur objectif consiste en l’établissement de tout petits avant-postes illégaux destinés à occuper le terrain et à le préparer en vue de l’implantation d’une colonie plus importante par la suite. Ils ont régulièrement recours à des actions violentes contre la population palestinienne, parmi lesquelles des jets de pierre et des destructions de champs agricoles. Les colons israéliens ont utilisé ces avant-postes pour s’emparer d’au moins 14 % de la superficie de la Cisjordanie.
3 Ces « colonies sauvages », construites sans l’autorisation du gouvernement israélien, sont cependant protégées par l’armée israélienne, et de plus en plus régulièrement légalisées par le gouvernement après quelques mois, ou années. En mai 2025, le ministère de la défense israélienne a approuvé la construction de 22 nouvelles colonies – implantations et avant-postes – en Cisjordanie, qui comprendront une série de nouvelles implantations et la légalisation de plusieurs avant-postes illégaux. Dans un communiqué, le ministère affirme que les implantations « renforceront l’emprise stratégique sur toutes les parties de la Judée-Samarie [Cisjordanie] » et « empêcheront la création d’un État palestinien ».
4 Le réalisateur palestinien oscarisé a été agressé par des colons ayant l’appui apparent de militaires en mars 2025, devant sa maison. Il a été arrêté par Tsahal, puis relâché après trois jours. En juillet 2025 Awdah Hathaleen, habitant de Masafer Yatta qui avait participé à mettre en lumière le sort de la région et avait collaboré au documentaire  a été abattu par des colons lors de leur attaque contre le village d’Umm Al-Khair.
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Palestine https://nomadis.ch/2025/06/04/palestine/ Wed, 04 Jun 2025 18:46:03 +0000 https://nomadis.ch/?p=607

Vertige de la page blanche. Mots qui se bousculent cependant, se chevauchent, s’annihilent. Mots auxquels se mêlent des images et des sons, des flashs aveuglants, une nausée sourde qui pulse, reflue, des larmes, de la colère, de la rage, de la haine, parfois. Impuissance douloureuse, tétanisante. Obsessions. Tempêtes intérieures. Submersions successives.

Palestine, Gaza, Hébron, Jérusalem…. A jamais liée, viscéralement. A jamais coupable d’avoir pu, de pouvoir si peu, si maladroitement. De posts Instagram en stories, republications, like intempestifs, emojis stériles. Création de pages Wikipédia, alimentation de pages existantes, lectures de romans, scroll, articles de presse, scroll, débats, JTs, scroll, nausées. Il y eut, et aura certes encore des participations à des manifestations, des discussions animées, des lettres ouvertes et autres pétitions signées. Mais rien qui ne puisse faire taire la culpabilité, rien qui ne brise l’impuissance.

Ces derniers jours, des mobilisations citoyennes se concrétisent : le voilier humanitaire Madleen appartenant à la « Coalition de la flottille pour la liberté », la « Freedom Flotilla », a quitté la Sicile le 1er juin. A son bord 12 militants engagés pour la cause palestinienne. Depuis 2010, la Freedom Flotilla a mené plusieurs campagnes maritimes visant à dénoncer et briser le blocus de Gaza, qui dure depuis 2007. L’objectif des missions est d’ouvrir un passage maritime humanitaire vers Gaza, sans contrôle israélien, dans une démarche politique et non violente.

La marche citoyenne internationale vers Gaza, March to Gaza,  s’organise également. Mobilisation pacifique, dont l’un des objectifs principaux est de faire pression pour l’ouverture de la frontière de Rafah afin de permettre l’acheminement de l’aide humanitaire essentielle vers Gaza. Le mouvement ne cesse de croître. Des milliers de personnes venues de plus de 35 pays se préparent à marcher le 15 juin d’Al-Arish, en Égypte, jusqu’à la frontière.

Mobilisations citoyennes, alors que les États sont dans l’incapacité de prendre des décisions fortes, d’appliquer des sanctions radicales, de condamner unilatéralement, de nommer l’innommable. Et il a fallu tant attendre avant que les voix étatiques s’élèvent, timidement. Assourdissant et incompréhensible silence, amplifié par les médias. Paradoxalement, silence peut-être trop compréhensible. Culpabilité, qui n’est cependant pas de même nature que la mienne. Culpabilité et aussi, ou surtout, enjeux économiques. L’Union Européenne est en effet le principal partenaire commercial d’Israël, absorbant près d’un tiers de ses exportations.

… combler le vertige par les mots, des textes, recherches, croquis, aquarelles, liens vers des articles, ouvrages.

 

 

 

 

 

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Suðurnámur https://nomadis.ch/2021/02/13/sudurnamur/ Sat, 13 Feb 2021 14:56:35 +0000 https://nomadis.ch/?p=560

22.08.2012 / Etape 3

Réveil vers 6h15. Une longue journée de marche nous attend. Un peu plus de 16 km pour atteindre notre prochaine étape, le Landmannalaugar. Randonnée à nouveau magnifique, mais éprouvante, compte tenu des dénivelés successifs. Lacs, longeant celui de la veille, surplombant ensuite le Herbjarnarfellsvatn, puis le Dómadalsvatn. Vallée de Dómaladur, située à l’ouest du champ de lave de  Dómadalshraun, que nous traversons rapidement, avant d’entamer une première ascension.

Vaste plateau, à la végétation luxuriante; puis décor minéral, couleurs incroyables d’ocre, de rouge et de jaune, lorsque nous atteignons le Suðurnàmur. Que de contrastes à nouveau, alors que nous découvrons, à son sommet, la vallée avec ses nombreux cours d’eau et l’impressionnante  coulée de lave soldifiée Laugarhraun. Premières fumerolles, les solfatares; odeurs de souffre, eau chaude affleurante… Longue traversée de Vondugil, vaste plaine qui récupère tous les cours d’eau des combes alentours; traversée de la coulée de lave avant d’atteindre le camping.

Dans la réserve, impossible de placer sa tente hors zone aménagée. Ce fût un petit choc, et pourtant nous n’étions en chemin que depuis 3 jours, que de découvrir ce « camp », ces tentes nombreuses au milieu d’un champ de boue, ce monde…. Fin août, quasi fin de saison, nous n’osons imaginer la foule en juillet….Le Landmannalaugar est en effet accessible par la « route » (F208 par le sud, ou F225 depuis l’ouest) en 4×4, de mi-juin à mi-septembre. Le cadre qui nous entoure est somptueux, mais j’ai hâte que nous puissions, à nouveau, sortir des sentiers battus.

Petit clin d’oeil… Faisant quelques recherches, je suis tombée sur une article, qui m’a bien fait sourire « Y-a-t-il des montagnes en Islande ? Histoires de refuges et de toilettes en hauts lieux« , publié dans la Revue de géographie alpine. Comparaison entre deux réserves naturelles, Fjallaback et Hornstrandir (dans laquelle nous avons également réalisé un trek de 10 jours quelques années après ce premier séjour islandais) et de l’usage des toilettes, comme indice de pratiques montagnardes, qui permettrait de répondre à l’initiale question soulevée. 

Etape précédente

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Landmannahellir https://nomadis.ch/2021/02/02/landmannahellir/ Tue, 02 Feb 2021 17:35:06 +0000 https://nomadis.ch/?p=504 20.08.2012 / Etape 2 

Réveil tôt, sous une petite pluie fine, froide. 9km28 pour cette deuxième étape qui nous conduit jusqu’à Landmannahellir,  situé dans la réserve naturelle de Fjallabak (friðland að Fjallabaki en islandais, Au delà des montagnes). Le nom de cette réserve, d’une superficie de 47 000 hectares créée en 1979, provient en effet des montagnes fortement ravinées, entaillées de profondes vallées qui la composent. Région engendrée par le volcanisme acide et l’activité géothermique du volcan Torfajökull.

Marche magnifique dans un décor superbe, chaotique, parfois apocalyptique.  Ascension douce vers de vieux cratères; explosions de roches noires, d’obsidiennes; coulées de lave anciennes; montagnes « polies », striées de trainées vertes. Impression étrange parfois d’évoluer sous l’eau, immergés dans des fonds marins, entourés d’algues mouvantes. Point de photo de cette étape, sans doute à cause de la pluie, et d’un dos douloureux, petit tour de rein au moment de soulever mon, toujours bien lourd, sac à dos.

Arrivés dans l’après-midi au refuge privé, qui appartient aux particuliers ayant des droits de pâturage communs dans la région, sous un pluie battante. Quelques heures d’attente d’une possible accalmie dans une petite cahute avant de monter la tente. Nous passerons 2 nuits dans cet endroit paisible et spongieux ;-).

21.08.2012 / Rando à la journée

Nuit de pluie et bourrasques fortes. Sol détrempé au matin, nuages bas et sombres. Bonheur tranquille cependant de partir en randonnée avec un sac si incroyablement léger, ne contenant que pique-nique du jour, appareil photo et… cape et pantalon de pluie. Marche de 12km30, d’un lac l’autre. Ne me lasse de ces paysages mouvants, changeants: rives lacustres ocres et rouille, montagnes aux étranges et fascinants reliefs, failles, roches volcaniques, champs de lave, plateaux de terre noire et grasse, désert de sable… et ces incroyables nuances de vert.

Beauté sauvage et brute des Hautes Terres isolées. Ça te prend aux tripes, te tourneboule, te coupe le souffle… et l’imagination s’emballe, parce que tout est mouvement, mystère, pulsations. Formes et couleurs, mousses et lichens, sons, cavités et cours d’eau font naître les récits, évocations, réminiscences de lectures et scènes de film. Ronde d’Elfes, le « peuple caché » ( Huldufólk en islandais) de trolls et de géants. Souffles du vent, bruissement de la mousse humide sous les pas, crissements, craquements. Aucune terre ne m’a semblé aussi vivante, vibrante.

Löðmundarvatn

Quand on voyage en Islande, il est facile d’identifier la nature d’un lieu par la terminaison de son nom. Le suffixe vatn, du vieux norrois, langue du Danemark, de la Norvège et de la Suède ainsi que des colonies scandinaves comme l’Islande pendant l’âge des Vikings, le haut Moyen Âge et le Moyen Âge central, signifie « eau ».

Sous mes pieds,
les cristaux croissent comme des plantes.
Écoute comme ils grandissent.
Je suis aveuglée par les lumières.
Écoute comme elles brillent.
Au cœur de la terre,
écoute comme ils grandissent
.

Dans une émission consacrée à Björk ( de son nom complet Björk Guðmundsdóttir) sur Arte, « Björk, la voix de l’Islande« , la journaliste parle des enregistrements que la chanteuse fait des sons de cette terre islandaise: souffles, pulsations d’un volcan, glaciers qui craquent et se meuvent,… Autant de sons, jamais retranscrits, et intégrés, de manière quasi fusionnelle, avec sa musique. Ne résiste, jóga, pour la beauté des images, des sons, et de la voix.

Eskihlidarvatn, tout en longueur. Aucun ruisseau ne l’alimente. 1k,53 km2 de superficie, pour une profondeur maximale de 27 mètres. Pique-nique rapide sur ses berges, une pluie chagrine s’étant invitée.

 

Sur le retour, du soleil… et un son étrange, en provenance du lac. Avons mis du temps, avant de l’apercevoir, et plus de temps encore, au retour, à l’identifier… Un Plongeon imbrin, Himbrimi en islandais, oiseau plutôt rare. On raconte qu’autrefois sa peau servait pour la confection des habits au Groenland. Pour une écoute de son chant, ses étranges appels, c’est par là

vers la première étape

 

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Injonctions https://nomadis.ch/2021/01/25/injonctions/ Mon, 25 Jan 2021 17:24:43 +0000 https://nomadis.ch/?p=484 Mars 2020, premier semi-confinement. A rebours, le jeu des lettres, jour après jour. Crayons, stylos et pinceaux, chiffon multicolore, petit bol d’eau. Perspectives qui s’emballent, mobilier qui se déforme, des personnages sans visage, un chat en fil rouge. Pousser le cadre.  Mains qui dansent, concentration légère et amusée. Mot d’ordre : ne suivre aucun conseil, aucunes injonctions, de celles qui auraient pu dire, allez savoir, au hasard : « Profitez de ce confinement pour stimuler votre créativité »…. Foutez moi la paix, je confine comme bon me semble, tout en, je le concède, mettant en scène le résultat….  Je me fous des paradoxes aussi ;-). Cette fois, dans l’ordre donc, plus de suspens:

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